Par

Nathalie Lamboy

Publié le 28/11/18

Comment acheter moins pour être plus ?

Profiter des soldes pour s’acheter les produits que l’on convoite depuis des semaines ou des mois est le parcours que font la majorité des consommateurs. On guette le moment idéal pour acheter ce pantalon, ce sac, ce parfum, ces assiettes ou cette voiture qui manquent à notre quotidien. Si obtenir le prix le plus bas peut sembler normal, est-ce que ces achats le sont véritablement ? Cette question, je me la pose pour chaque objet que je pose dans mon panier, qu’il soit virtuel ou réel. Mais pourquoi se poser cette question alors que l’achat semble évident ? Parce ce que l’on a pris l’habitude d’acheter en regardant le prix et non la nécessité d’avoir ce produit.

Pendant des années, je suis allée m’approvisionner en ustensiles, draps, mobiliers et vêtements durant les soldes ou démarques. La logique était la suivante : comme je n’en ai pas besoin tout de suite, je vais attendre que les prix baisses. Cela me semblait une attitude irréprochable jusqu’à ce je décide de vider ma penderie et mes placards et que mon moral dégringole devant toutes ces choses accumulées que je n’utilisais plus.

Les achats plaisir

Je me suis alors posée beaucoup de questions sur mon comportement de consommatrice. J’ai regardé des documentaires sur le Fast Fashion, c’est à dire la mode qui change toutes les semaines au lieu de celle qui évolue en fonction des 4 saisons. J’ai appris dans ces vidéos qu’en France les femmes achetaient 30 kg de vêtements par an, contre 20 kg pour les hommes, et qu’en moyenne les français avait dans leur penderie 114 euros de vêtements jamais portés. (source : http://www.europe1.fr/economie/les-chiffres-du-gaspillage-textile-2738608).

Vous pensez que cela ne vous concerne pas ou qu’il vous est peut-être arrivé une fois ou deux de craquer pour ce petit corsage trop sympa que vous avez eu pour une poignée d’euros et mis au fond du tiroir pour toujours. Mais ces chiffres sont bien réels et révèlent une tendance que l’on a parfois du mal à assumer : Acheter pour se faire plaisir et non par nécessité.

Achats = déchets

Qui dit achat, dit déchet, le textile représente 700 000 tonnes de déchets rien que pour la France. Cette frénésie ne concerne pas seulement les « fashion-victim ». L’alimentation est de plus en plus gaspillée et pas seulement par les entreprises et les producteurs. Le gâchis se situe aussi dans nos poubelles. Un rapport révèle que l’on jette 20 à 30 kg  d’aliments par personne et par an, dont 7 kg de nourriture encore emballée. (Source : http://lutteantigaspi.tumblr.com/). Oui, c’est en jetant un petit bout de fromage par ci, un morceau de sandwich par là et un yaourt périmé de temps à autre, que l’on arrive à ce chiffre.

Evolution

Après avoir vu ces documentaires et lu tous ces rapports, je me suis remémorée ma façon de consommer depuis  ces 2 dernières décennies. Au début de années 90, il y a eu l’arrivée des premiers centres commerciaux qui se sont ensuite multipliés, ainsi que le choix des marchandises. On avait TOUT à portée de main mais pas forcément du porte-monnaie. C’est alors que se sont développés les discounts alimentaires et vestimentaires.

Avec peu d’argent, il devenait possible de s’habiller à la mode, de manger des produits originaux et aussi de se meubler « design ».

Le marketing a lui aussi évolué en faisant miroiter que l’on irait beaucoup mieux si on s’habillait avec la marque X ou si l’on mangeait de la marque Y. Sur les réseaux sociaux, les photos de celles et ceux qui exhibent leurs derniers achats renforcent aujourd’hui ce nouveau mode de consommation. Et les marques discounts sont devenues aussi incontournables que celles du luxe.

Je consomme donc je suis

Cette nouvelle manière de consommer ne m’a pas épargnée, comme nombre d’entre nous. Avoir accès à des marchandises qui autrefois semblaient hors d’atteinte peut expliquer partiellement ce changement de comportement. Mais cela ne suffit pas à justifier toute cette accumulation dans ma penderie et mes placards. Il me semble être quelqu’un de raisonnable, qui se moque des marques, qui prend soin de choisir des aliments produits localement et bio, et je n’utilise ma voiture qu’en cas d’extrême nécessité.  Mais à un moment donné, je me suis laissée emporter par la liesse de la consommation-plaisir. Pourquoi ?

Au début de cet article, je disais aller acheter pendant les soldes une liste de produits définis à l’avance en me disant « comme je n’en ai pas besoin tout de suite ». Cette phrase est la clé. «  Je n’en ai pas besoin » aurait du suffire et  m’alerter.  Aller acheter ces marchandises, alors que je m’en passais au quotidien, devait combler quelque chose de plus subtil.

La peur de manquer

Peut-être que se procurer le tee-shirt, les chaussures ou le téléphone comble un manque de reconnaissance et justifie le sentiment d’appartenance à un genre de tribu. On se reconnaît avec ces signes distinctifs que l’on porte, que ce soit des objets de luxe ou bons marchés, on a l’impression d’exprimer son identité. Puis, il y a la peur de passer pour un raté ou un mauvais parent si à la maison ne siège pas au milieu du salon l’écran plat qui vient de sortir.

Je vois tout cela comme un moyen de se valoriser et de compenser le manque de confiance en ses propres aptitudes. Comme si le fait d’habiller vos enfants avec leur marque préférée ou de prendre un crédit à la consommation pour rouler dans le tout nouveau 4x4, allait faire de vous quelqu’un de bien. Comme si en allant remplir le frigo d’une énorme quantité de produits, cela remplissait votre cœur et votre foyer d’amour. Comme si ce sac que vous convoitez allait vous permettre de vous regarder avec bienveillance.

Se mettre en valeur

Le sentiment de se sentir riche et comblé en achetant ce top à 10 euros, est éphémère. La semaine suivante vous retournez au centre commercial à la quête de ces baskets parfaites pour la sortie du week-end alors que 3 ou 5 paires dorment au fond de votre penderie. Une euphorie toute particulière vous étreint quand vous êtes en possession de ces nouveaux accessoires, mais elle ne dure pas. Ce « bien-être » est fugace car il dépend des hormones qui jaillissent au moment de l’acte d’achat. Pour certains, cela devient une addiction.

L’impression d’avoir une vie médiocre peut amener à compenser par l’achat-plaisir un mal-être bien réel. La frustration de ne pas être reconnu dans son travail ou dans sa famille, ainsi que le besoin de se valoriser sont également des facteurs qui peuvent favoriser ce comportement. Pour résumer, moins l’on est conscient de sa valeur, plus on dépense pour se présenter à la face du monde.

Est ce que j’en ai vraiment besoin ?

Aujourd’hui, pour tout achat que je fais, y compris la nourriture, je me pose la question suivante : est-ce que j’en ai vraiment besoin ? Si le doute m’envahit, je prononce en moi les mots du Ho’oponopono pour m’éloigner de l’envie irrépressible d’avoir ce que je convoite, tout comme pour m’éloigner de la culpabilité de m’acheter ce pantalon qui va remplacer celui dans lequel je ne rentre plus.

La question n’est pas de savoir si vous allez l’acheter ou pas, mais de vous aider à distinguer si c’est un achat pour combler un manque intérieur ou pour répondre à une véritable nécessité. Prendre ce recul me paraît essentiel autant pour éviter les dépenses qui vous mettraient dans l’embarras bancaire, que pour regarder ce qui est essentiel à votre bien-être.

Si les publicités montrent ce qu’il faut porter, manger et boire pour avoir l’air heureux, elles ne vous indiquent par le moyen d’être heureux. La différence se situe dans l’être, ce que vous ressentez, ce que vous avez déjà en vous et qui ne s’achète nulle part, la confiance, l’estime de ce que vous êtes au plus profond et qui vaut bien plus que les chaussures, les voitures et tout l’or du monde.

Faire le vide

Avec le temps, l’observation de mes émotions et la certitude que je pouvais être heureuse par moi même, j’ai commencé à apprécier d’avoir le frigo à moitié plein (et non à moitié vide !), à laisser des étagères inoccupées et d’autres avec seulement 1 ou 2 objets, à maintenir ma penderie avec juste les vêtements que j’utilise et à en acheter seulement si l’un d’entre eux en sortait, à faire la même chose avec les livres et à apprécier tout cet espace qui se libère. Cela ne signifie pas que je n’ai pas de bibelots et que je n’achète jamais rien, mais j’apprécie pleinement ce qui se trouve déjà chez moi.

Je continue de faire les boutiques et de regarder ce qui se fait, cela me procure autant de plaisir que si c’était dans mes placards. Pour tout vous dire, plus je me sens connectée de l’intérieur, plus j’ai de satisfaction à laisser ces marchandises dans le rayon du magasin. Peut-être parce que je prend conscience que je n’aurais pas besoin de m’en débarrasser un jour. Un sacré gain de temps et d’argent !

Nathalie Lamboy

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