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Un état d’esprit



Manifestations, blocages, grèves et pénuries sont les mots qui résonnent le plus en cette période. Ils viennent prendre le relais des mots : terrorisme, explosion, urgence et guerre qui ont bercé les mois précédents. Il y a de quoi faire un burn-out médiatique.

Dans mon quartier, la circulation est de moins en moins dense, on entend beaucoup mieux le piaillement des oiseaux. La pollution qui s’était maintenue sur la ville par manque de pluie et de vent est en train de disparaître, il fait bon respirer.

Je me considère comme privilégiée car je travaille à mon domicile. L’inconvénient d’être indépendant est que si les compagnies extérieures ne fonctionnement plus ou peu, je me retrouve sans travail. En fait, je suis dépendante de la société. Ou plutôt du système dans lequel se déroule cette société.

Avec la pratique du Ho'oponopono, j’ai appris à regarder le verre à moitié plein. C’est un art de vivre que j’explore avec assiduité. Cette fois encore, j’ai l’occasion d’aller chercher en moi des peurs inavouées telle que la peur de manquer. Manquer de carburant, d’électricité et pourquoi pas, la peur de manquer de nourriture. Puis j’observe mon environnement. Il fait bon vivre aujourd’hui. La météo est douce. Je ne sais pas de quoi sera fait demain. Je continue mon chemin. Parce que je sais que je vis dans un pays privilégié.

Ici (en France), on peut manifester, faire la grève, bloquer un réseau routier, sans finir en prison ou pire sur un poteau d’exécution. Cela vous semble exagéré, et pourtant vous n’avez qu’à sortir des frontières européennes pour constater ce fait.

Ici, on peut écrire des pamphlets sur les hommes politiques qui sont au pouvoir sans craindre l’enfermement à vie. Je sais, cela ne fait pas de ces mêmes hommes des saints que l’on doit laisser faire.

Ici, on peut suivre des études gratuitement de la maternelle à l’université. Il est évident que le système éducatif est presque obsolète et qu’il a besoin d’être revu. Mais rares sont les étudiants qui sortent endettés pour les 20 prochaines années alors qu’ils n’ont pas encore acheté leur première voiture, comme c’est le cas pour la majorité des étudiants si près de chez nous (en Hollande ou en Suède, par exemple)

Ici, on peut être pris en charge quand une maladie grave se déclare pour soi ou un de nos proches. Bien sur, il y a des actionnaires du Big Pharma qui en profitent mais je ne connais personne en France qui ait dû hypothéquer sa maison pour payer le traitement chimio de sa femme, alors que c’est si souvent le cas aux USA, pourtant le pays le plus riche du monde.

Je reviens d’un court séjour à New York. Je vous l’ai dit, je suis une privilégiée. J’ai vu des rues animées par un modèle économique où la misère côtoie le luxe à chaque coin de rue. J’ai vu un homme d’une cinquantaine d’année avec une énorme tumeur sur le nez prendre un breakfast dans un café à la table d’à coté. J’ai compris que cet homme qui semblait avoir un travail n’avait pas de quoi se payer l’opération. Dans ce même café où se mélangeaient touristes étrangers et locaux, un jeune homme s’est installé sur une table en face de moi. Il faisait preuve d’une grande dextérité pour aller chercher son portefeuille dépouillé dans son blouson crasseux avec ses 20 centimètres de bras et seulement deux doigts au bout de chaque membre. Il devait être un enfant Thalidomide qui, aujourd’hui, ne bénéficie d’aucun soutien. Et cette femme qui attendait dans la queue à la caisse du magasin. Son visage me paraissait étrange quand je compris qu’elle avait un goitre si gros qu’il donnait l’impression qu’elle n’avait plus de cou. Pas d’assurance maladie pour financer l’opération.

Un océan d’incompréhension sépare ces deux pays. La surconsommation noie l’esprit de l’un et la peur de manquer rétrécit l’esprit de l’autre.

Peut-être qu’il est temps de regarder ce que nous avons a disposition pour en faire un meilleur usage. Je souhaite que les générations à venir soient fières de nous. J’aimerais laisser un autre monde à nos enfants. J’aimerais qu’ils se disent « Nos ancêtres ont su reprendre la situation en ne tombant pas dans le piège du pouvoir et de la peur. Nos ancêtres ont brillamment utilisés leurs points forts et ont créé un autre monde ».

J’utilise mon énergie à étudier, comprendre et soutenir ce qui me parait pertinent pour ce nouveau monde. Je n’ai pas besoin d’attendre que quelqu’un d’autre le fasse pour moi. Je m’y mets. C’est tout.

A mon niveau, avec ma façon d’appréhender ce système et mon enthousiasme envers l’humanité, je sais que ma goutte d’eau est importante et je fais ma part, en mon nom.

Vous pouvez soupirer, baisser les bras, ironiser, vous dire que cela ne sert à rien ou vous pouvez donner le meilleur de vous mêmes, sans attente de reconnaissance ou de peur du jugement.

Il s’agit d’un état d’esprit. Le mien, le vôtre. Cet état devient un état d’être et va définir si vous souhaitez rester la victime des évènements ou si vous devenez acteur de votre vie.

Cet état, il se travaille, il se peaufine au gré des turpitudes du quotidien. C’est mon défi et je me donne une vie pour y parvenir. Parce qu’un jour, je regarderai ce monde en me disant que j’ai contribué à le rendre meilleur, en devenant d’abord une meilleure personne.

Merci, je t’aime

Nathalie Lamboy


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