À nos enfants



(Drame de Newtown décembre 2012)

Quand la nouvelle arrive aux oreilles de la population, il semble que c’est déjà trop tard. Le pire est arrivé, on ne peut rien changer. Ensuite, c’est le temps de la réflexion. Je cherche le message. J’écoute mon cœur qui essaie de trouver un second souffle. Difficile d’entrer dans le calme quand on imagine la douleur des parents. Et puis, il y a ces âmes, si jeunes, si pleine de vie, qui s’en vont dans la violence. Par le chaos de l’enfer, elles partent dans le royaume de la paix. Tout cela a-t-il un sens ? Il y a cette part de moi qui crie à l’injustice et l’autre qui dit que j’ai ma responsabilité dans ce drame. Je suis adulte et responsable. Responsable de mes actes et de mes émotions. Je suis adulte et je dois protéger les enfants, tous les enfants. Pour grandir, chaque enfant a besoin d’être protégé par les adultes. Et qu’est-ce que nous leur offrons ? De la peur, des menaces, des coups et des larmes. Ils ne sont pas toujours directement infligés aux enfants. Ce sont des gestes et des paroles que l’on se fait l’un contre l’autre, contre les hommes , contre les femmes. Je suis adulte. Je suis responsable de mes actes brutaux et agressifs. Ils sont dans mon quotidien et je ne les remarque même plus.

Ces jeunes âmes sont parties de cette manière pour sortir les Hommes de leur torpeur et de la passivité qui grandit devant l’amplification de la violence.

Plutôt que d’entrer dans la révolte, abolissons ces actes d’agressivité physique et morale qui sont devenus nos réflexes. Emancipons nous de la violence. Sortons de la peur, maintenant.

Cessons de regarder ces films qui transcendent la cruauté. Arrêtons de faire de la peur notre alliée du quotidien. Comme la peur de l’autre cet inconnu qui apparaît dans les visages des personnes que l’on croise chaque matin. Et qui un jour se transforme en haine sous les projecteurs du journal télévisé.

Ne cherchons pas à changer le voisin, le gouvernement, la police. C’est à chacun de faire ce pas vers la paix. Je sais, je sens que ces enfants sont partis brutalement afin que les adultes, que nous sommes, se décident à être dans l’Amour. Chaque jour, de par le monde, des enfants meurent par notre négligence. Oui, nous négligeons l’impact de nos actions. Quand nous sommes en colère, aussi justifiée soit-elle, elle contribue à maintenir cette énergie de guerre, de violence et de brutalité qui siège en ce monde. Et des enfants en paient chaque jour le prix ; eux, ces innocents, qui ont besoin de protection et d’Amour.

Alors je me fais la promesse de guérir en moi les drames qui arrivent en ce monde. Puisqu’ils apparaissent dans ma vie, c’est que je suis concernée et que je peux agir. Ce monde est fou et je fais partie de ce monde, je contribue à sa folie seulement je peux changer cela en écoutant mon cœur et non mes peurs.

Mon coeur me dit : Je souhaite entrer dans l’Amour à chaque instant. Je souhaite dégager la planète de toutes traces de mes émotions négatives. Je souhaite être ce que je veux voir en ce monde, paix et Amour.

Ensuite, je nettoie en moi. « Je suis désolée de devoir assister à la mort d’innocents pour réveiller ma conscience, Pardon d’avoir garder cette mémoire de violence, d’agressivité envers mon prochain et moi même, Merci de me révéler à cette mémoire et de la nettoyer à grand renfort d’Amour, Je t’aime, à moi même, qui reconnaît sa responsabilité dans ce monde ; je t’aime à moi même, qui a la capacité d’aimer et d’être aimé ; je t’aime, à l’Univers, qui fait tout qui est nécessaire pour éveiller les Hommes à leur capacité d’être en Amour. »

Désolé, pardon, merci, je t’aime …à tous nos enfants. Nathalie BODIN LAMBOY


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