Rendez-nous nos filles!



Nos filles ont été enlevées. Il n’y a rien de pire pour une mère que de clamer une telle phrase. Celà se passe au Niger, loin de chez nous, dans un pays que l’on a du mal à situer. Celà se passe sur un continent qui abreuve nos actualités de guerres, de rebellions, de massacres et de misère. Dès que les medias évoquent ces territoires africains, c’est pour leur donner une piètre image. Alors, on s’habitue à entendre parler des horreurs qui se déroulent là-bas. On prend une distance, on se fait une raison, cela a toujours était comme ça dans ces pays !

Et puis, un jour on prend conscience que cette distance se rapetit, que nos écrans peuvent nous rapprocher de ce continent. C’est le moment où l’on commence à être touché par cet événement parce que l’on réalise que nous y sommes peut-être pour quelque chose. Nos enfants, nos filles qui vivent au Niger ont été enlevés pour servir à des hommes affamés de violence.

C’est une souffrance indéfinissable qui se crée en moi lorsque j’apprends que des adultes s’en prennent à de jeunes filles. Je cherche à comprendre ce qui pousse des êtres humains à traiter leur semblable d’une telle façon. Est ce qu’ils se considèrent comme une espèce si infâme qu’ils en viennent à traiter leur progéniture comme du bétail ? Est-ce qu’à force de se voir aussi minables dans le regard des pays riches ils finissent par leur donner raison en se comportant comme tel ? Est-ce que les spectateurs que nous sommes, avons entretenu inconsciemment une image si odieuse qu’elle nous revient de plein fouet pour que l’on se dise « tu as vu, ça se confirme, ça ne changera jamais là-bas, ce sont toujours des sauvages » ?

Parce qu’en prenant conscience de notre part de responsabilité dans ce qui arrive, il devient possible de changer ce monde. Oui, c’est seulement en intégrant que chacun d’entre nous a accepté de regarder ces personnes comme des monstres qu’elles ont continué d’agir monstrueusement. Notre responsabilité siège dans cette soumission aux paroles médiatiques et à cette impuissance qu’elles nous amènent à ressentir. « On ne peut rien y faire ». Combien de fois me suis-je entendue dire ces paroles et aujourd’hui je réalise à quel point elles ont permis d’entretenir un énorme mensonge.

Nous pouvons tout changer, à tout moment. Je ne sais pas quel en sera exactement le résultat. Ce dont je suis sure c’est que je ne laisserais plus les journaux me submerger d’articles qui dénigrent mes frères et mes sœurs humains. Ce dont je suis certaine c’est que je vais émettre beaucoup d’Amour et de compassion envers ces mères, ces pères et ces jeunes filles. Et je vais en faire tout autant envers ces hommes qui ne savent pas que le véritable pouvoir se gagne par l’Amour et non par la force. Que toute cette haine qu’ils reçoivent par les médias du monde entier va disparaitre sous un flot d’énergie apaisante.

Tout est possible. Il y a le pire, comme ce drame nous le montre, et aussi le meilleur. C’est vers lui que je veux aller. Le meilleur est en chacun et c’est l’autre qui est le miroir de cette profondeur intérieure. Envoyons une image positive et accueillante à ces hommes, envoyons ce que nous avons de plus beau en nous pour que le reflet abject qu’ils nous renvoient depuis ces dernières semaines, se transforme et disparaisse à tout jamais. Je veux voir de la bonté dans le cœur des Hommes, de tous les Hommes.

Vous pensez que cette façon de voir le monde est trop naïve et que cela ne sauvera pas ces filles, sachez que c’est bien la colère et la haine qui ont enlevé ces enfants à leur famille. La violence attise toujours plus de violence. Vous avez écouté Gandhi et Martin Luther King, vous avez aimé leur parole, vous avez compris que la paix commence à partir de vous, alors vous savez ce qu’il reste à faire.

Merci, je t'aime Nathalie BODIN LAMBOY

#violence #injustice #niger #changer

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